Le ver de terre ou lombric (Lumbricina)

Les vers de terre se composent de nombreux petits segments appelés ‘annuli’. Ces anneaux sont striés et recouverts de poils minuscules qui s’agrippent au sol et permettent de bouger lorsqu’il contracte ses muscles. À environ un tiers de la longueur des vers se trouve une bande lisse connue sous le nom de clitellum. Le clitellum est responsable de la sécrétion du mucus clair et collant qui recouvre le ver. La taille des vers de terre varie de 90 à 300 millimètres.

Les vers de terre aident à fertiliser le sol en rapprochant les nutriments de la surface. Les vers de terre sont très répandus en Europe. Ils ont été introduits dans la plupart des régions du monde. Ils vivent dans le sol jusqu’à 2 mètres de profondeur et se nourrissent de matière organique en décomposition dans le sol.

Les vers de terre se déplacent lentement sous terre en se nourrissant. Ils excrétent les matières digérées sous forme de tortillons de terre que l’on nomme turricules, qui peuvent être considérés comme des amas de boue grumeleux à la surface du sol. Ces tortillons sont très riches en nutriments parce qu’ils contiennent des minéraux et des nutriments qui ont été remontés vers la surface par les lombrics.

Caractéristiques physiques et comportement

Les vers de terre comme leur cousin le ver du fumier n’ont pas d’oreilles, mais leur corps peut sentir les vibrations des animaux qui se déplacent à proximité. Ils respirent de l’air et expirent du dioxyde de carbone, mais ils n’ont pas de poumons. Ils respirent par leur peau. L’air se dissout sur le mucus de leur peau, ils doivent donc rester humides pour respirer. Si les vers de terre s’assèchent, ils étouffent. Lorsque l’air frais est aspiré par la peau, l’oxygène est aspiré dans le système circulatoire du ver et le cœur du ver pompe le sang oxygéné au niveau de la tête. Les mouvements du corps du ver font remonter le sang vers l’arrière du corps, et les cœurs le pompent à nouveau vers l’avant. Le dioxyde de carbone se dissout dans le sang et retourne dans la peau.

Vous apercevez fréquemment des vers de terre qui remontent à la surface en grand nombre après une forte pluie. les vers utilisent les conditions humides de la surface pour se déplacer plus rapidement qu’ils ne peuvent le faire sous terre, colonisant ainsi de nouvelles zones plus rapidement. Comme l’humidité dans l’air est plus importante pendant et après la pluie, ils ne se déshydratent pas. Il s’agit d’une activité dangereuse le jour, car les vers de terre meurent rapidement lorsqu’ils sont exposés à la lumière directe du soleil avec sa forte teneur en UV, et en surface ils sont plus vulnérables aux prédateurs comme les oiseaux.

Le mode de reproduction du ver de terre

Ils sont hermaphrodites et possèdent des cellules reproductrices mâles et femelles. Ils ne peuvent toutefois pas s’auto-fertiliser et doivent trouver un partenaire avec qui échanger leurs spermatozoïdes. Ils atteignent la maturité sexuelle vers l’âge de 4 semaines. Cette espèce remonte à la surface pour s’accoupler. La copulation, qui peut durer 1 heure, consiste à ce que deux vers se trouvent ensemble, la tête dirigée dans des directions opposées. Pendant l’accouplement, les vers semblent exclure tous les autres stimuli externes et ne répondent pas à la lumière ou au toucher. De grandes quantités de mucus sont libérées par les deux individus et les spermatozoïdes sont échangés. Une fois cette opération terminée, les vers se séparent.

Après l’accouplement, le clitellum (section glandulaire épidermique de la paroi du corps) commence à sécréter une substance qui durcit pour former un cocon en forme d’anneau, dans lequel les vers déposent leurs propres ovules et le sperme de leurs partenaires. Le cocon de 2 millimètres finit par glisser de la tête des vers et se referme, prenant la forme d’un citron. La fécondation a lieu à l’intérieur du cocon. Cette méthode a pour but d’éviter l’auto-fécondation.

Leur soi disant faculté de « régénération »

Il est communément admis que si vous coupez un ver en deux, vous obtiendrez deux vers vivants. Ce n’est pas vrai. Si vous coupez un ver en deux, il est possible qu’une moitié se rétablisse et guérisse, mais il est plus probable que vous finissiez avec deux moitiés d’un ver mort. Cependant Ils peuvent remplacer ou reproduire des segments perdus, mais cette capacité varie selon les espèces et dépend de l’étendue des dommages.

Prédateurs de vers de terre

Il se trouve en bas de la chaine alimentaire, du coup il a de nombreux prédateurs. Il représente l’aliment essentiel de la taupe, il est aussi très apprécié du crapaud et des grenouilles. La chouette chevêche chasse les vers de terre, la musaraigne, le hérisson, le lézard des murailles ou le lézard vert, les renards, le merle noir. De nouveaux prédrateurs viennent d’être signalés dans les îles britanniques et en France (Finistère, Alpes-Maritimes, Corse) : Le ver plat néo-zélandais (Arthurdendyus triangulatus) et le ver plat australien (Australoplana sanguinea alba), Ils sont considérés comme des espèces nuisibles car ils s’attaquent aux vers de terre et peuvent donc nuire à la structure et à la fertilité du sol.

Geoplanidae_Kontikia_ventrolineata

Crédit photo : Jean-Lou Justine [CC BY-SA 3.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)]

Si vous avez trouvé un ver plat veuillez le signaler au Professeur Jean-Lou JUSTINE. Téléphone : 01 71 21 46 47. Adresse courriel : jean-lou.justine@mnhn.fr